Réinventer la Cosmétique et la Coloration

Réinventer la Cosmétique et la Coloration
8 March 2017 No Comments Les Projets Blue Economy Julian Blineau

Aujourd’hui, la réponse de l’industrie de la cosmétique à  nos besoins passe principalement par des produits chimiques.

Ainsi, pour nous protéger des méfaits d’une exposition excessive aux ultra-violets (cancers de la peau – d’autant plus que nous avons détérioré la couche d’ozone avec les gaz CFC), les laboratoires nous fournissent des crèmes sensées nous protéger. On peut malgré tout s’interroger sur la pertinence de produits contenant des molécules comme le zinc et l’oxyde de titane ou l’emploi de l’oxybenzone, potentiellement cancérigène.

Dans le domaine de la coloration, marché haut de gamme avec de bonnes marges, on constate également l’utilisation de procédés chimiques de plus en plus complexes. Nos accessoires de modes et nos cosmétiques dépendent de pratiques minières qui sont tout sauf respectueuses de l’environnement. Et Il n’existe pas non plus de règlements pour la mise au rebut de produits colorés avec des pigments obtenus par des procédés chimiques soupçonnés pour certains d’être allergènes et hautement toxiques.

Pourtant, s’il y a un marché en forte progression, c’est bien celui des consommateurs qui recherchent des solutions alternatives non toxiques ou non polluantes. On voit bien d’ailleurs que le discours « frais et naturel » fait partie des stratégies marketing mises en place par les entreprises pour se démarquer. On comprend dans ces conditions l’importance des recherches menées sur la faune et la flore.

Prenons l’exemple de la tomate, particulièrement sensibles aux UV : pour protéger le fruit, la peau de la tomate est riche en lycopène, un puissant antioxydant bloquant les UV. Et la tomate, c’est aussi une source naturelle de colorant alimentaire rouge. De tels débouchés (anti-UV, coloration) ouvrent un potentiel de marché suffisamment large pour concurrencer un oxyde de titane apparemment bon marché.

Ainsi, au lieu de détruire les déchets de leurs usines de transformation de tomates, les entreprises pourraient  améliorer leur compte de résultat en fournissant des déchets qui deviendraient la matière première d’autres produits : produits anti-UV, crème de jour, colorants et produits de santé.

Et en créant de nouvelles compétences (techniques d’extractions, compréhension des UV, connaissance du marché des crèmes solaire, connaissance d’autres marchés agro-alimentaires), la création de nouveaux emplois serait assurée ainsi que la réduction des toxines et des déchets.

C’est La base de l’économie bleue, ne rien laisser de côté, et éviter les productions créant des dommages irréversibles pour favoriser des produits moins chers, propres et naturels.

En suivant cet objectif, le professeur Carl-Göran Hedén, membre du Club de Rome et de l’Académie Royale des Sciences Suédoise,  a conçu une usine pilote où tous les produits chimiques et les catalyseurs sont employés en circuit fermé. En partant d’un seul arbre, il a extrait la lignine, l’hémicellulose, la cellulose, les lipides et les huiles essentielles ; cela a triplé les ventes tout en supprimant presque tous les déchets. Or, les études d’élasticité du prix démontrent qu’une baisse des prix d’un produit demandé augmente la demande plus que proportionnellement.

Continuons sur l’exemple de la tomate :

On le sait, les marchés sont gouvernés par les forces économiques. Or, il est certain que les millions de tonnes de déchets de tomates gâchées seraient suffisant pour remplacer les pigments à base de métaux ou les UV bloquants, avec des prix largement plus compétitifs. Dès lors, les tarifs largement inférieurs aux produits concurrents permettraient de stimuler la demande tout en mettant sous pression les produits actuels. Une partie de la production remplacerait ainsi les options actuelles polluantes, mais une autre partie alimenterait une nouvelle demande.

Alors, si les deux géants mondiaux de la tomate, Heinz et Unilever, ne prennent pas en compte de telles opportunités, rien n’empêche de nouveaux entrepreneurs de mettre en place cette science et d‘en récolter les dividendes !

A propos de l'auteur
Julian Blineau Etudiant en Master Spécialisé Stratégie Marketing à l’Ère Digitale au sein d'Audencia Business School. je suis passionné d'innovation et d'entrepreneuriat. Curieux et pragmatique, j'aime m'investir pleinement dans mon travail pour obtenir des résultats.

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