Régénérer la Forêt Tropicale

Régénérer la Forêt Tropicale
21 mars 2017 No Comments Les Projets Blue Economy Julian Blineau

S’inspirer de la réhabilitation de la savane de Vichada

La réhabilitation de la savane de Vichada, en Colombie, fait partie des projets entrepreneuriaux réussis qui ont démontré comment une économie bleue bénéficie non seulement au sol mais aussi à ses occupants, en leur fournissant la sécurité alimentaire, des conditions de vie acceptables et du travail.

Dans les années 1984, la principale activité pour les habitants de Las Gaviotas, en Colombie, était l’exploitation de fourrage pour les troupeaux, par une agriculture agressive et destructrice. L’espoir de trouver un emploi était quasiment nul. Les habitants souffraient de troubles gastriques, ne connaissaient pas l’eau potable et ne bénéficiaient bien sûr d’aucun soin médical.

Même si personne ne pensait cela possible au vu des connaissances scientifiques d’alors, un homme, Paolo LUGARI, proposa de faire revivre l’ancienne forêt tropicale de la savane de Vichada, à l’époque sèche et dévastée. Le sol était acide et l’eau non-potable, il n’y avait pas de zones terrestres humides facilement exploitables, la terre était donc facile à acquérir (moins de 5 euros par hectare).

La Symbiose comme facteur clé de succès

Dans une approche innovante et originale, LUGARI et son équipe ont alors entrepris de reboiser le terrain. Grâce à leur découverte sur la symbiose entre un champignon mycorrhizal (pisolithus tinctorius) et le pin des Caraïbes, ils ont obtenus la survie de 92 % des arbres plantés sur le principe suivant :

Grâce à l’ombre qu’il crée en se développant, le pin protège ses racines et le sol des rayons ultraviolets. Même quand la chaleur devient insupportable, le pin réussit à atteindre sa pleine maturité en se nourrissant des rhizomes des champignons protégés par un abondant tapis d’aiguilles de pin.  Ce tapis retient l’humidité du sol grâce aux débris capturés qui, en s’accumulant, contrôlent la température du sol. Lorsque la pluie tombe sur un sol plus frais, elle a tendance à être absorbée et permet à une nouvelle végétation de s’épanouir. La forêt s’accroit et les pluies deviennent plus abondantes, créant une forêt tropicale, abondante en eau potable et au sol riche et fertile.

Et une terre qui produit est une terre qui vaut quelque chose. Sur les 21 années passées, la valeur de chaque hectare de savane mesurée à l’aune de l’eau potable et de nourriture récoltable a été augmentée dans un rapport de 3000 pour 1 ! Une génération après ces changements, l’eau est abondante et disponible pour presque rien. L’eau en surplus est même revendue aux riches habitants de Bogota, qui sont prêts à payer cette eau locale le prix d’eaux d’importation.

Une nouvelle fois, s’inspirer de l’efficacité des écosystèmes est un moyen pragmatique pour obtenir une utilisation optimale et respectueuse des ressources disponibles, tout en favorisant l’efficacité et en permettant la création de valeur.

A propos de l'auteur
Julian Blineau Etudiant en Master Spécialisé Stratégie Marketing à l’Ère Digitale au sein d'Audencia Business School. je suis passionné d'innovation et d'entrepreneuriat. Curieux et pragmatique, j'aime m'investir pleinement dans mon travail pour obtenir des résultats.

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