Recycler du marc de café pour cultiver des champignons

Recycler du marc de café pour cultiver des champignons
17 octobre 2016 No Comments Les Projets Blue Economy Julian Blineau

Les écosystèmes sont une source d’inspiration pour revisiter nos pratiques conventionnelles en recherchant l’idée de cascade : les déchets de l’un sont utiles à l’autre.

L’étude de la culture des champignons est, à ce titre, très intéressante. Les champignons transforment des déchets végétaux en produits comestibles. Ce qui reste des champignons après leur récolte, le mycélium, est un produit nourrissant pour les animaux. Les animaux produisent à leur tour des excréments que les bactéries digèrent enrichissant le sol et permettant à de micro-algues de proliférer.

Le développement de nombreuses améliorations et innovations a permis à la culture des champignons de devenir une activité à bas coût, compétitive et non-saisonnières. Notamment depuis que les différentes études ont démontré à partir des années 1990 que le café était un substrat idéal pour la production de champignons.

Sachant que 99,8 % de la masse des grains de café est mise au rebut, la valorisation de ces déchets en nutriments pour la culture de champignons constitue une approche positive et créative qui donne en plus l’opportunité d’augmenter la valeur de ces deux produits.

En effet, d’un point de vue économique :

  • les nutriments apportés par le café permettent un cycle de production plus rapide, améliorant ainsi le cash-flow des exploitants de fermes de champignons,
  • La valorisation des déchets évite au producteur de café d’avoir un revenu uniquement soumis aux variations du cours à la Bourse des Matières Premières.

La force de ce modèle c’est que tous les intervenants y trouvent leur compte. Il a été expérimenté et lancé avec succès en Colombie, au Zimbabwe, en Allemagne et en Californie. Les 10 000 emplois déjà créés sont un succès, mais il ne faut pas oublier qu’il y a 25 millions de petits producteurs de café qui pourraient profiter du système.

Compte-tenu de la faible mise de fonds nécessaire, ces nouvelles techniques sont destinées aux plus démunis, avec la possibilité de créer de nombreux emplois dans les régions productrices, tout en résolvant la question de la survie alimentaire pour les travailleurs et leurs familles.

De plus, grâce à ses vertus uniques, tant d’un sur le plan médical qu’alimentaire (riche en protéine), le marché des champignons a un potentiel de croissance que peu de marché possède.

Il serait souhaitable à ce stade que les grands acteurs de ce secteur fassent preuve de responsabilité sociale en s’assurant par exemple que toutes les fermes à qui ils achètent du café convertissent leurs déchets en culture locale de champignons ou en les aidant techniquement à convertir leurs déchets.

En tant que consommateurs, nous devons être informés que le café que nous choisissons ait été obtenu grâce à un comportement équitable, durable et social de manière à faire notre choix en connaissance de cause.

En révélant la face cachée des déchets, nous obtenons des possibilités infinies : le thé, la cueillette des fruits, les épluchures de pomme de terre, la jacinthe d’eau…. cette nouvelle gestion des déchets « pulpe/protéine » nous permet non seulement de produire de  la nourriture, mais aussi de participer à un monde meilleur.

Le modèle DIY (Do It Yourself)

Envie de cultiver vous-même vos propres champignons ? La boite à champignons à pensé à tout ! Cette entreprise qui cultive elle-même ses champignons sur du marc de café propose des kits permettant de réaliser de chez soi.

 

A propos de l'auteur
Julian Blineau Etudiant en Master Spécialisé Stratégie Marketing à l’Ère Digitale au sein d'Audencia Business School. je suis passionné d'innovation et d'entrepreneuriat. Curieux et pragmatique, j'aime m'investir pleinement dans mon travail pour obtenir des résultats.

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