Construire en respectant les flux

Construire en respectant les flux
17 octobre 2016 No Comments Les Projets Blue Economy Julian Blineau

S’inspirer de la nature

Observer la nature, c’est vérifier que rien n’évolue de façon statique, mais toujours par interaction avec ce qui l’entoure. En matière de construction, nous constatons que nous sommes très éloignés de ces principes.

Les bâtiments sont vus comme des structures esthétiques statiques qui répondent à des besoins fonctionnels et respectent les réglementations locales. Ainsi, que ce soit les matériaux proposés, la gestion de l’eau, le recyclage des déchets ou l’économie d’énergie, nous sommes loin d’avoir l’interconnexion nécessaire pour concevoir des villes plus responsables, capables de répondre aux défis de demain (pollution, nourriture, eau…).

Dans l’idéal, la conception d’un lieu doit tenir compte de 7 flux : l’air, la lumière, l’eau, l’énergie, le son, la matière et les occupants.
Nous passons la majeure partie de notre vie à l’intérieur (domicile, travail, école), à respirer un air pollué (produits isolants, panneaux de particules, peintures, produits anti-feu des matelas, rideaux et moquettes, ondes, etc….). La combinaison de toutes ces sources confinées rend l’air particulièrement acide, ce qui conduit à de vrais problèmes de santé. 25 % des enfants vivant dans des zones urbaines souffrent d’allergies ou de troubles respiratoires !

Mieux gérer les flux

La première et grande étape est donc de laisser circuler l’air et la lumière à l’intérieur et à l’extérieur d’un bâtiment. Une fois encore, l’étude des écosystèmes tels que celui des termitières est riche en enseignements : quel que soit le climat ou le lieu, les termites maintiennent une température et un taux d’humidité constants au moyen de tunnels et de cheminées qui constituent un système d’aération.

Ensuite, il est temps de reconsidérer l’eau comme notre bien le plus précieux. Est-il normal de constater que la principale utilisation de l’eau dans nos maisons est le nettoyage et l’élimination de nos déchets ! D’autres techniques sont possibles : La technique du vortex, capable de nettoyer l’eau naturellement, pourrait facilement être adaptée aux constructions et limiter les produits chimiques largement utilisés pour le traitement de l’eau.

Sachant que la plus grande quantité d’eau potable sur terre se trouve dans l’air (grâce à l’humidité), des zones de collecte sur chaque construction, dans chaque rue, pourraient diriger l’eau vers son utilisation finale, sans pompe, ni traitements chimiques, par la simple gravité. Et qu’elle aberration de voir disparaître les eaux de pluie dans nos égouts !

Optimiser la consommation d’énergie

Dans cette nouvelle approche, nous devons bien sûr garder l’objectif d’économiser l’énergie. En soumettant chaque construction à des contraintes de compression et de tension, la gravité est une source d’énergie disponible. Les turbulences que chaque grand bâtiment provoque sur le climat, créées du vent pour les moteurs éoliens (élimination des batteries). L’énergie humaine émet environ 60 watts d’équivalent en électricité par heure. Nous avons aujourd’hui la technologie pour la capter (élimination des coûts de distribution de l’électricité et, bien en amont, ceux de sa production).

Développons, sur le modèle animal, la possibilité de transformer le son en énergie. La lutte contre le bruit deviendrait alors une économie d’énergie.
L’interconnexion de toutes ces innovations doit permettre de modifier la conception même de nos villes qui doivent évoluer vers une meilleure circulation des personnes et de la matière, avec l’objectif de devenir au maximum auto-suffisantes (utilisation des toits pour créer des potagers, valorisation des déchets en local pour participer à la chaîne alimentaire…).

Comme nous l’avons vu, nous disposons d’un immense portefeuille d’innovations, et elles sont d’autant plus incontournables qu’elles demandent moins mais fournissent plus. Il faut maintenant que les architectes et les ingénieurs se lancent pour entreprendre et imaginer des conceptions intégrant ces principes de santé et de durabilité environnementale. L’école apparaît comme le lieu idéal : l’observation de ces nouvelles pratiques permettrait aux jeunes générations d’entreprendre différemment et amènerait nos sociétés vers des pratiques plus vertueuses.

A propos de l'auteur
Julian Blineau Etudiant en Master Spécialisé Stratégie Marketing à l’Ère Digitale au sein d'Audencia Business School. je suis passionné d'innovation et d'entrepreneuriat. Curieux et pragmatique, j'aime m'investir pleinement dans mon travail pour obtenir des résultats.

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